© Roger Lemoyne

à propos

 

 

qui est Chloë Charce - courte bio

Née en France, Chloë Charce partage sa passion entre les Laurentides et Montréal. Elle est titulaire d’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal et d’une maîtrise en studio arts à l’Université Concordia (concentration sculpture). Elle a obtenu plusieurs prix et bourses et participé à différents événements, résidences et expositions. En 2022, elle aura l’occasion d’avoir une exposition solo au Centre d’art actuel CIRCA, à Montréal, ainsi qu’une résidence et une exposition solo en collaboration avec le Museo de Arquitectura y Diseño (MARQ) à Buenos Aires (Argentine). En 2021, elle est invitée à un séjour en résidence de création à l’Atelier Silex, à Trois-Rivières. En 2020, elle est finaliste pour un projet d’art public organisé par la ville de Sainte-Thérèse. Elle est également enseignante en arts visuels au collège Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse, depuis 2017.

 

que fait Chloë Charce - démarche   

 

Tromper le spectateur. Ne pas tout lui donner à voir. Posant mon regard sur les interstices, le hors champ, les travaux récents de l'artiste Chloë Charce se présentent souvent comme des fragments métonymiques du réel : des bouts de ciel, des vestiges d’architecture, des paysages utopiques faits d’objets de verre. La blancheur fantômatique des éléments suspendus dans l’espace (Point de fuite) ou encore la rencontre des volutes de fumées et de la transparence des vases assemblés (Théâtre de silice – Miroirs sans tain), révèlent une fascination autrement invisible, une expansion immatérielle de l’objet lui-même.

 

Dans un désir d’approfondir la relation cinématique entre l’objet et la lumière, ou la projection vidéo – sa magnification, son altération et son effacement, autant physiques que métaphoriques – Chloë Charce explore le thème de la disparition par le truchement des notions de double, de temporalité et d’illusion. En considérant la matérialité de l’objet comme lieu potentiel de transformation, je déjoue les frontières entre le fictif et le réel à travers, entres autres, une réflexion sur la nature, la ville et l’architecture amorcée par une série de répliques de fragments architecturaux (Mémoires d’architecture). Ces éléments empruntés à la mémoire des lieux, à la mythologie ou au rituel, se dressent comme des palimpsestes d’une mémoire collective, des réminiscences d’un passé à la fois imaginaire et historique, souvent témoins d’une tradition artisanale disparaissant peu à peu au profit d’une standardisation inéluctable. L’importance des mots s’est aussi imposée au fil de ma pratique, celle-ci portant les traces de quelques exercices de style et autres reliquats de l’art minimal : c’est ainsi qu’un néon éclaire le néant, ou qu’une anagramme composée des lettres de mon nom fait apparaitre une alter égo, Rachele Choc.

 

Entre mémoire, fiction, utopie et réalité, telle une sorte « d’archéologie du futur » (Fredric Jameson, Archéologie du futur I. Le désir nommé utopie, Paris, Max Milo, 2007), c’est surtout l’aspect, imaginaire et poétique du thème de la disparition qui interpelle l'artiste.